Je n'ai été que moyennement séduite par ce roman, mais séduite malgré tout. Tout d'abord la langue : trop démonstrative, une écriture trop soutenue, trop ampoulée, comme si Muriel Barbery cherchait à faire la démonstration de la préciosité, de "l'intellectualité" de son langage... C'est bien d'ailleurs le propos de l'ouvrage qui autorise ce néologisme "d'intellectualité"... Ce roman à deux voix nous fait partager les pensées (les sarcasmes) de Renée, concierge d'un immeubl... (show more)
Je n'ai été que moyennement séduite par ce roman, mais séduite malgré tout. Tout d'abord la langue : trop démonstrative, une écriture trop soutenue, trop ampoulée, comme si Muriel Barbery cherchait à faire la démonstration de la préciosité, de "l'intellectualité" de son langage... C'est bien d'ailleurs le propos de l'ouvrage qui autorise ce néologisme "d'intellectualité"... Ce roman à deux voix nous fait partager les pensées (les sarcasmes) de Renée, concierge d'un immeuble de riches habitants de la rue de Grenelle et Paloma, petite fille qui habite l'un des appartements de l'immeuble... Renée est une autodidacte cultivée, qui lit Kant et Husserl, mais qui s'en cache et fait tout son possible pour correspondre aux préjugés des habitants de l'immeuble, qui sont donc riches, mais aussi ridicules et surtout très stupides. Ils sont prisonniers en tous points de leur classe sociale, Renée ne l'est qu'en apparence puisqu'elle est libre par l'esprit. Paloma a 13ans mais elle est surdouée, ce qui l'amène à une grande lucidité sur la misère spirituelle e sa famille. Pour cette raison, elle a décidé de se suicider. Première remarque : si la description des petits travers des gens riches est très saisissante de justesse, Paloma et Renée ne sont absolument pas réalistes... est-ce nous qui sommes ainsi finalement prisonniers de nos préjugés (une concierge sans diplôme qui lit Husserl, impossible !) ? En fait, il ne me parait pas réaliste que ce soit la lecture de Husserl ou Kant qui enrichisse le quotidien de labeur de toute personne qui n'est pas philosophe de profession... Pour moi cette philosophie est aussi techniciste et abstruse qu'inutile à l'élévation de l'âme, ce qui n'empêche pas que ce soit de remarquables architectures conceptuelles et des pierres angulaires de l'histoire de la philo ! Muriel Barbery, ancienne élève de l'ENS, agrégée de philo, n'est elle pas finalement elle-même prisonnière de sa formation (de sa caste ?) en imaginant que c'est dans la philosophie la plus technique et superfétatoire qu'un individu avide d'élévation spirituelle ira se réfugier (et non dans la poésie par exemple) ? La suite sur http://lauramaigaveriaux.blog.lemonde.fr/
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